Voici mon histoire. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait totalement fortuite. D'ailleurs, pour conserver l'anonymat le plus total, j'ai décidé de m'appeler Madame
X. Quoi, ça craint comme pseudo ? Alors, la graphiste masquée ? Ou Cochon, c'est mieux, Cochon ?
Le mois dernier, j'ai reçu mes identifiants pour me connecter sur le site pajemploi.
Utilisateur : TY51vpo5D127hE3m96nFR
Mot de passe : J3PoT79rDbM27.NRT32n
Des codes tellement compliqués que je passais 3 minutes à les taper (mais c'est sûrement mon côté un peu neuneu). Et alors pour les retenir par coeur, n'en parlons pas. Aucun espoir.
Bien sûr, j'aurais pu les noter quelque part, mais je suis certaine que 2 semaines après, j'aurais paumé le papier ou l'agenda, ou encore j'aurais désintégré mon bloc-notes numérique en faisant
une mauvaise manip, je me connais. Le plus simple était de les modifier pour mettre à la place mes identifiants habituels.
Ce que j'ai fait.
Utilisateur : goldorak
Attention ! Niveau de sécurité : très faible
Ah mince... il n'y a pas assez de lettres. Je vais rajouter "snorkies".
Utilisateur : snorkiesgoldorak
Attention ! Niveau de sécurité : faible
Quoi ? C'est encore faible ! Alors, je vais mettre mon code postal en plus.
Utilisateur : 93600snorkiesgoldorak
Niveau de sécurité : moyen. Encore un petit effort.
Ralala... y'me saoulent avec leur machin de sécurité. Et avec ma date de naissance à la fin ?
Utilisateur : 93600snorkiesgoldorak03091980
Niveau de sécurité : élevé. Mais peut mieux faire.
Tsss ! Peut mieux faire, peut mieux faire ! Je vais pas recopier l'Encyclopédie Universalis non plus ! Bon, je vais rajouter quelques majuscules...
Utilisateur : 93600sNorkIEsgoLDoraK03091980
Niveau de sécurité maximal. Vous voyez quand vous voulez.
Ah ben voilà, il était temps ! Reste plus qu'à trouver un mot de passe.
Mais même galère que précédemment.
Le nom de mes chats + le nombre de pattes de mon hamster à 3 pattes + l'année de naissance de ma mère + le nom de baptême de mon ancienne institutrice + la date de mon permis de conduire... Ouf,
on y est.
Evidemment un mois plus tard, je n'avais plus aucune idée de ce que j'avais enregistré comme identifiants. Par contre j'avais retrouvé la feuille envoyée par Pajemploi avec les 1ers codes, qui ne
me servaient plus à rien et qui, finalement, n'étaient pas si compliqués que ça...
Je profite de ce 1er article de janvier pour vous souhaiter une très bonne année 2012 ! Je vous ai peu délaissés en 2011 mais je reviens plus motivée que jamais ! :)
Alors, à très vite !
On se quitte en musique. Une fois n'est pas coutume, ça ne sera pas un chanteur à barbe, mais ne vous inquiétez pas, selon une prophétie de Nostradamus (ou des mayas, je ne sais plus trop), les
chanteurs à barbes reviendront en force en 2012.
Merci à Patrick pour la découverte du clip :)
J'allais juste mettre un lien Deezer, mais ça aurait été dommage de se priver de ces images. Le film est magnifique (à regarder en plein écran).
Petite interruption du récit de mes vacances pour cause de nouveau départ en vacances. Mais à mon retour, je me pose pour de bon et j'écris.
En attendant de me lire, vous pouvez toujours regarder la série Misfits, parce que c'est très drôle, déjanté,
sexe, trash, original, avec des personnages attachants et excellemment joués (on pardonnera même les grosses incohérences scénaristiques, le plaisir de cette série est vraiment ailleurs).
J'avais prévu de vous parler aussi du Trône de fer et de Mad Men,
mais je pars demain, ma valise n'est toujours pas prête (l'histoire se répète) et je stresse trop, rapport à ma phobie des aéroports. Donc ce sera peut-être pour une prochaine fois.
Bises à tous et à très bientôt :)
PS : Depuis que j'ai terminé Misfits et le Trône de fer, je me sens toute vide, comme en deuil de mes soirées télé. Vous pouvez me laisser un petit commentaire si vous avez aimé une série récente
que je serais susceptible d'apprécier ! Idem si vous avez des conseils pour un bon bouquin, j'ai rien lu de bien depuis Le Trône de fer et quelques Terry Pratchett...
Vendredi 12 août, 18h. Je suis tellement fatiguée que la seule perspective de partir en vacances me fatigue davantage. La maison est dans un état indescriptible, les valises encore vides et mon
client me tient toujours la jambe au téléphone. Il hésite entre une typo Helvetica ou Arial pour son site internet. En fait, il ne sait pas trop, il se tâte.
Il me raconte qu’il a acheté une nouvelle Peugeot, j’en suis ravie pour lui.
Je baille en silence.
Je le relance sur la typo, histoire de raccrocher au plus vite.
Quelle typo ? Me dit-il. Ah oui, la typo…
Il semble très déçu que je ne m’intéresse pas plus à sa voiture.
Il est 18h30. On avait prévu de partir à 19h, mais là ça devient vraiment utopique. Je suis tellement fatiguée que je pourrais me coucher à même le sol et dormir pendant toute une semaine.
J’émergerais de temps en temps, histoire de me sustenter en chopant des insectes sur le parquet et des boulettes de poussières riches en acariens et en vitamine C.
Quand même, passer ses vacances dans le Sud, c’est d’un banal… Et partir le week end du 15 août, aurait-on pu choisir pire date ? J’aime beaucoup ma famille, mais là, il faut vraiment que j’aie
le sens de l'abnégation pour consentir à de tels sacrifices.
La petite est à mes pieds, elle ronge le câble de mon ordinateur allumé. Je lui dis d’arrêter, c’est dangereux, elle risque de tout me faire planter. Elle me regarde en souriant, sans arrêter de
grignoter, puis sans signe avant-coureur, elle pète. Un pet bien tonitruant, comme seuls les bébés (et quelques individus infréquentables) savent en faire. Mon client au téléphone s’est arrêté de
parler. Il a l’air gêné. Hum…
Et donc, votre Peugeot, essence ou diesel ?
Il est 19h, j’ai enfin raccroché. Un tas de fringues en vrac dans la valise, le bébé sous le bras, le mari au volant, le Frère chopé en route, nous partons enfin pour une semaine de vacances.
Vous allez bien ? nous demande le Frère, en montant à bord.
Comment lui dire qu’ils sont tous bien gentils mais que je préfèrerais passer cette semaine à dormir chez moi sur le plancher et me nourrir de jus de blattes, plutôt que d’endurer 800 km dans la
même voiture qu’un bébé qui pleure au moindre ralentissement, qui hait les feux rouges et les gens qui ont l’affront de traverser sur les passages piétons, et ne parlons pas des embouteillages.
Non, n’en parlons surtout pas. Vous avez déjà été enfermés 14h avec un bébé qui hurle ? Non ? Alors vous ne connaissez rien à l’enfer.
Mon frère me regarde, puis jette un coup d’œil sur le bébé dans son siège auto.
- Ne stresse pas comme ça, la Soeur. Regarde comme Bababi est calme. Elle dort déjà.
- Mais tu ne dois pas te fier à ta 1ere impression ! Ce n’est que le début ! Elle cherche juste à nous amadouer et toi tu es tombé naïvement dans son piège. En vérité je vous le dis, l’apocalypse
selon St Jean c’est de la gnognotte comparé à ce que nous allons subir !
Samedi 16h30, nous arrivons à destination.
En fait, c’était pas si terrible. J’avais appréhendé ce voyage, alors que bon, on s’en sort quasiment indemnes et avec des tympans plus ou moins intacts.
- Ca va le Frère ?
Il a tellement de valises sous les yeux, que s’il prenait l’avion il paierait un supplément bagages.
- Oui, ça va... Mais je crois que je vais aller me coucher un peu sur le parquet, les chambres sont trop loin. Ne me réveillez pas, j’ouvrirai juste un œil de temps en temps pour gober les
araignées qui passent.
Après quelques temps d’inactivité, mon blog se retrouve à nouveau envahi de bannières pub. Je l’ai trop laissé en jachère et voilà ce qui arrive.
Allez, dès demain je me remets à écrire et lundi vous aurez un article tout beau tout neuf, où je parlerai de la généalogie du lavandin, du mode d’emploi d’une chatière et de nuits très chaudes
sur l’autoroute. Tout un programme !
Euh, au fait, si j’ai toujours des lecteurs, tapez dans vos mains ! (ou plutôt écrivez-moi un commentaire de temps en temps, ça fait toujours plaisir).
Restaurant de hamburgers "Breakfast in America", Paris 5.
- Bonsoir, est-ce que vous auriez une table pour 6 ?
- Oui, mais je vois que vous n’êtes que 4.
- Les 2 autres arriveront un peu plus tard.
- Alors je ne peux pas vous installer. Il faut que vous soyez tous là.
- Pourquoi ? On peut consommer en les attendant, si c’est ça le problème.
- Je ne peux pas vous donner une table de 6, tant que vous n’êtes que 4. C’est une question de place.
- Pourtant votre restaurant est à moitié vide…
- Pour le moment. Mais les clients commencent à arriver. D’ailleurs excusez-moi, bonsoir mesdames, je suis à vous tout de suite ! Quant à vous, si vous pouviez attendre vos amis dehors, là
vous bloquez le passage.
On sort donc, un peu abasourdis.
- Si les plats sont aussi infects que l’accueil, ça promet...
- Tout ça pour bouffer des hamburgers. Je vous avais bien dit qu’on aurait dû se faire un macdo.
- On peut changer de lieu de rendez-vous.
- Non, les autres sont injoignables. Pfff… je commence vraiment à fatiguer.
- T’as des contractions ?
- Non. Enfin, pas encore…
- Je crois qu’il n’a pas vu que tu étais enceinte.
- Tu parles… Mon ventre me précède de 2 mètres. Faudrait vraiment être bigleux pour passer à côté.
- C’est pas normal, il aurait dû te proposer de t’asseoir. Allez viens, on y retourne.
Dans le restaurant.
- Excusez-nous monsieur, ça fait 20 minutes qu’on attend dehors et...
- Je vous ai déjà dit non.
- Mon amie est enceinte, elle doit accoucher cette semaine. Vous voulez qu’elle perde les eaux sur le trottoir à force de rester plantée là ? Vous pourriez au moins lui laisser une chaise,
qu’elle s’asseye dans un coin.
- Non. Ce n’est pas mon problème.
Il n’y avait pas grand-chose à ajouter. J’aurais pu me tordre le ventre, simuler des contractions, hurler de douleur devant cette tête de con et tous les clients médusés. J’aurais aimé perdre les
eaux dans l’entrée, pour bien bloquer le passage. Déverser des litres de sang pour que les gens dégueulent leurs steacks tartares. Ouais je sais, je suis un peu gore quand je suis énervée, et là
franchement, je l’étais. Mais dans une parfaite maîtrise de moi-même sans doute due à une éducation qui (malheureusement) m’empêche de cracher à la gueule et d’insulter toutes les têtes de lard
que je croise, je lui ai juste tourné le dos et nous sommes sortis, mes amis, mon ventre et moi, comme des princes.
Donc, pour ceux qui ont des tendances maso et qui aiment se faire traiter comme des chiens, le resto c’est le "Breakfast in America" 17 rue des Ecoles paris 5ème.
Bon appétit !
Mon chef m'avait dit que c'était juste une mission de reconnaissance comme les autres. Débusquer les ennemis et trancher quelques gorges le cas échéant. La routine, quoi.
D’habitude, mon compagnon d'armes c’est Dédé. Je l'aime bien Dédé, même s'il ne se lave qu'une fois par an (et encore, c’est juste parce que les mouches autour de lui l’empêchent d’avoir une
bonne visibilité). C'est d'ailleurs à cause de ses mouches qu'il n'a pas vu le nid de frelons. Méconnaissable, le Dédé. Alors le temps qu'il s'en remette, moi je fais équipe avec une magicienne
plutôt sexy. Ca tombe bien, nous traversons au clair de lune une prairie bucolique parsemée de pâquerettes et de quelques squelettes recouverts de mousse. C'est l'endroit idéal pour lui
sortir le grand jeu.
- Alors coquine, ils sont à toi ces beaux yeux-là ?
- Plaît-il ?
- Ca te dirait de faire un petit tour dans les fourrés avec moi ?
- Là ! Des… des…
- Non, moi c’est Gunthor. Dédé c’est mon pote.
- Des… des trolls à trois têtes !
- Voyons, les trolls à trois têtes ça n’existe pas. Ils en ont deux maximum. Tu confonds sûrement avec des… HAAA ! Des trolls à trois têtes !
- Et vu leurs sourires carnassiers, je doute qu’ils soient du genre herbivore…
- N’aies pas peur, chérie, je maîtrise. On ne m’appelle pas «Gunthor l’exterminator» pour rien. Avec mon épée ancestrale, je vais les hacher menus. Bouge pas, je reviens !
BLIIIIING !
- Alors Gunthor "le super exterminator", maintenant que ta lame est brisée, j’ai le droit de m’inquiéter ?
- TAIS-TOI ET COURS !
- Pas la peine, je peux m'envoler. Toi par contre, t'es mal barré.
- Je suis désarmé ! Balance-leur une boule de feu !
- Mais je ne sais pas faire ça, moi !
- Alors envoie-leur un éclair dans la gueule !
- Euh...
- Une pluie de météorites ! Un déluge de crapauds ! Tu ne sais rien faire ou quoi ?
- C’est que je suis prise au dépourvu, c’est un peu le bordel dans ma sacoche et je ne me retrouve plus dans mes parchemins.
- Bon sang, mais prends n’importe lequel !
- Alors celui-là c’est pour accélérer le processus de photosynthèse des glandes thylakoïdes du plancton.
- J’pige que dalle ! Ca sert à quoi ?
- Aucune idée, mais je trouvais que ça sonnait bien.
- Rha ! Ils m’ont chopé la jambe ! Fais quelque chose !
- J’essaye de trouver un autre sort. Communication avec les ragondins, bof. Guérison de l’incontinence, non. Multiplication des organes sexuels…
- Mais on s’en braaaanle !
- Faut pas dire ça, il y en a qui en ont été ravis !
- J’suis en train de me faire bouffer le bras ! Et cette fiole dans ta poche ? C’est pas un élixir puissant ?
- Non, c’est mes gouttes pour le nez.
- Aaaaarghh ! Adieu...
- T’inquiète pas, ça y est, j’ai trouvé le bon parchemin : transformer vos ennemis en petites mouches roses. C’est cool, hein ! Mince, t’es déjà mort ?
2 heures plus tard.
- Franchement Gunthor, au lieu de faire la gueule, tu pourrais me remercier d’être toujours vivant. Enfin, plus ou moins vivant…
- Tu m’as transformé en zombie ! Ca ne se voit pas, mais la joie illumine ma peau cadavérique et mon regard vitreux…
- Quel manque de reconnaissance…
- Comment je vais faire pour draguer maintenant ?
- Ne t'en fais pas, pour les femmes, il n'y a que la beauté intérieure qui compte.
- Ca veut dire que tu veux bien faire un tour dans les fourrés avec moi ?
- Faut pas déconner non plus.
- Au fait, tu sais pourquoi depuis tout à l’heure je suis harcelé par des mouches roses à trois têtes ?
- Si tu veux je peux les transformer en vaches. C’est gentil une vache. Par contre il faut juste que je retrouve le bon parchemin...
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