Le départ du greffier

Publié le par Le cochon dingue

Mme Laviron, greffière en chef au tribunal, n'était pas dans son bureau. Pour tout dire, elle n'était jamais dans son bureau, bien trop occupée à régler des affaires urgentes qui la monopolisaient jusque tard dans la nuit. Mme Laviron ne comptait pas ses heures.
Elle avait une vocation pour la Justice. Elle adorait l'ambiance tribunal, avec de temps en temps de l'agitation, des meurtres insolubles et des déchaînements médiatiques. En général elle s'arrangeait toujours pour être dans l'axe des caméras. Elle aimait les émotions fortes, les pleurs des familles, les insultes des accusés, la prestance du juge. Elle avait l'impression de vivre dans un film.
Mme Laviron aimait donc la Justice, mais ce qu'elle aimait encore plus, c'était les magistrats. Les hommes en robe l'excitait au plus haut point.

Ce jour-là, Philippe Martinet était pressé. Il avait un dossier à remettre rapidement et il avait buté sur une clause juridique absconse. Il fallait absolument qu'il trouve sa supérieure hiérarchique. Il  l'avait cherchée dans son bureau, à tout hasard. Il avait déambulé dans les couloirs, il avait fait tout le tribunal, sans succès.
Il aurait dû chercher au 3ème étage, dans les toilettes avec accès aux handicapés. Ces toilettes sont propres et spacieuses, juste ce qu'il faut pour accomplir avec extase, dans les bras d'un beau juriste, la position du "phénix dans la joie".

20 minutes plus tard, Mme Laviron était de retour dans son bureau et se repoudrait le nez.
-  Je vous ai cherché partout ! Ca fait 1 heure que je fais le pied de grue devant votre porte. J'ai un gros problème sur un dossier.
- Philippe, je ne peux pas m'occuper éternellement de vous. Un peu d'indépendance que diable ! Je ne suis pas votre nounou. Débrouillez-vous tout seul, là je suis pressée, avait-elle répondu en essayant de remettre discrètement la bretelle de son soutien-gorge.

Le soir même, Philippe Martinet déposait sur le bureau de Mme Laviron, une demande de mutation à Marseille. Juste pour faire bisquer la greffière en chef. Juste pour lui montrer que son attitude était inadmissible et qu'elle allait perdre le meilleur de ses greffiers. De toutes façons, il n'y avait aucune chance qu'il soit vraiment muté. Il était célibataire, sans enfants, il ne faisait vraiment pas partie des dossiers prioritaires.

Mais dans un petit bureau au papier peint jauni, Gaspard Molinaro était en proie à un doute profond. Il était en charge des mutations des fonctionnaires et il sentait bien que la tâche était bien trop lourde pour ses frêles épaules de pauvre employé administratif. De quel droit pouvait-il juger que telle personne méritait plus une mutation que telle autre ?
Il pliait sous le poids des responsabilités. Alors il avait trouvé une solution : la divine providence. Il tirait aux dés le destin de ses volontaires au changement. Le hasard fait toujours bien les choses, non ?
Toi oui, toi non, toi non, toi non, toi oui...

2 mois plus tard, tous les collègues avaient préparé un pot pour le départ de Philippe Martinet.
- SUUUURPRIIIISE !
- Hein ? C'est gentil à vous, mais ce n'est pas mon anniversaire.
- Mais non, c'est pour ta mutation à Marseille !
- Quelle mutation ?
- Ta demande de mutation a été acceptée ! C'est génial !
- C'est affreux !
- Tu nous enverras une petite carte.
- Mais je ne veux pas partir !

Philippe était abattu. Avait-il vraiment mérité cela ? Il n'en dormait plus, il faisait des cauchemars avec Marius, Fanny et César qui se moquaient de son accent de parigot tête de veau.

- Bah, tu t'y feras... Ai-je dit à Phil le nez dans sa pizza.
- Tu crois ?
- Mais oui... bon, Marseille ça craint, c'est sûr, mais essaye de ne pas dire que tu viens de Paris et tu te feras peut-être des potes...



En fait, je suis triste de perdre mon copain Phil. Et puis je me demande si la malédiction des hamsters continue de faire foirer ma vie. C'est la grande hécatombe chez mes amis. Phil part à Marseille alors qu'il ne l'a pas voulu, Seb s'en va à Bordeaux, Marie est déjà à Brest, Aurore à Toulon, Cécile à Reims, Manu en Allemagne, Fabien à Etréchy (oui je considère qu'Etréchy est en province). Sans compter tous ceux qui veulent mettre les voiles.
STOOOP ! Plus de départ, plus de séparation, sinon je vais me retrouver à chanter : "Tous mes amis sont partis, mon cœur a déménagé..."
Et France Gall, c'est pas vraiment mon truc...

Publié dans Cochon dingue

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Le Cochon dingue 17/01/2008 17:17

Ben écoute, je ne sais pas pour la fouille rectale (ça peut être agréable, non ? Finesse, quand tu nous tiens...) mais pourquoi pas la Louisiane ! On ira voir aussi la maison d'Autant en emporte le vent, Tara (sauf si elle a été faite en studio, mais ça serait trop triste qu'ils l'aient brûlée dans la scène de l'incendie).

Iyhel 17/01/2008 10:13

Brest, y'a les galettes au beurre salé et le chouchenn, Reims, les biscuits roses ,les cornichons et le champagne, Francfort la bière et les saucisses... Des valeurs sûres quoi, alors que tes rêves exotiques, tout ce qu'ils vont te rapporter c'est une bonne tourista qui te rendra patraque et t'empêchera de profiter de tes vacances...Sans rire, les USA, le jour où la fouille rectale ne sera plus obligatoire pour y pénétrer, moi je suis partant pour la Louisiane.

Fabien 15/01/2008 14:37

Si on passe par la Louisiane et qu'on évite la Floride, why not ?Maintenant sache Cochon que la Pologne est un pays magnifique avec des villes extraordinaires (Gdansk, Cracovie...). Et la Russie (St-Petersbourg, Moscou, Souzdal...) ! Ah, la Russie ! J'ai été 1000 fois plus séduit par ces lieux que par l'Italie, l'Espagne ou encore la Grèce !

Le Cochon dingue 15/01/2008 13:38

En fait, mon grand trip en ce moment, ça serait de faire les USA.On louerait un grand camping car avec des potes et on sillonerait les routes. On ferait le parc naturel de Yellowstone, qui a vraiment l'air magnifique, New York, la Californie, le grand canyon... (Bon, on en a pour 2 ans, mais c'est juste un détail).Dans l'idéal on partirait 3 semaines, un mois.S'il y en a qui sont tentés par l'aventure, ils sont les bienvenus !

Le Cochon dingue 15/01/2008 13:18

Je crois qu'on ne partira jamais en vacances ensemble...