Histoire d'amour n°6 par Chat d'Oc

Publié le par Le cochon dingue

Dans mon incommensurable bonté, j'ai accepté la copie de la retardaire Chat d'Oc.  Je ne pensais pas que ce petit jeu aurait autant de succès.  Cette histoire est la Der des Der pour la St Valentin, sinon au mois d'août on y sera encore (évidemment si vous avez travaillé toute la semaine pour écrire un texte et que vous vous retrouvez Gros-Jean comme devant, je publierais votre histoire contre un petit dédommagement de 725 600€. J'ai repéré un très joli appart à ce prix-là...).

Je laisse maintenant la parole à la grande et talentueuse Chat d'Oc.


Joe regardait fixement la grille. Il songeait au moyen de s'échapper. A la mer, à l'océan. Etaient-ils loin d'ailleurs ? Même s'il parvenait à franchir cette grille, combien de temps lui faudrait-il pour atteindre le moindre cours d'eau ?
Son regard devint évasif au fur et à mesure qu'il se concentrait sur l'assiette qui tournait maladroitement sur son nez. D'ailleurs, quitte à le montrer en spectacle durant son incarcération, ses dresseurs pourraient bien lui fournir des assiettes, des ballons et des cerceaux un peu plus habiles, qui tournent sans effort. Il aperçut alors Katia, sa jolie dresseuse qui s'approchait bien à propos. Elle avait revêtu son uniforme de présentation, tout blanc. Il applaudit des deux nageoires pour attirer son attention et s'apprêtait à lui expliquer sa requête quand elle s'exclama, un sourire au lèvre : « Oh, Joseph, cesse donc de faire l'otarie et va à la cantine, le repas est servi depuis longtemps».

Depuis longtemps... Il allait donc devoir se contenter encore de restes de poissons putrides et risquer une gastro-entérite. A mesure qu'il s'approchait du réfectoire, la brume se dissipa de son esprit. Il prit progressivement conscience de ses pieds, de ses mains. Et se rappela que la putréfaction n'émanerait pas d'éventuels restes de poisson mais plutôt de certains de ses camarades qui résidaient là depuis des dizaines d'années, sans aucun progrès notable. Le vieil Hector, du haut de ses 72 ans, se promenait encore avec un pistolet à gaufres sur la tête ; dame Charlotte le harcelait en criant comme un chimpanzé ; Eléanore ne daignait adresser la parole aux autres, sous prétexte de ses origines nobiliaires, etc.

Non, vraiment, l'enfermement ne lui profitait pas, aucun espoir de guérison n'existait dans cet asile. Il fallait partir s'il ne voulait s'enfermer un peu plus dans la schizophrénie. Seule Catherine, l'infirmière, semblait comprendre cela et lui apporter quelque réconfort. Catherine l'attirait beaucoup mais il ne pouvait s'imaginer, dans sa situation, jouer du mirliton et raconter des balivernes pour la séduire. Ses rares moments de lucidité auraient certainement été pris pour une nouvelle manifestation de sa folie. Non, décidément rien ne le retenait dans cet asile.

Dès la dernière bouchée de sa glace au citron avalée, Joseph quitta le réfectoire pour profiter des dernières minutes de promenade autorisée dans l'après-midi. Guidé par une force instinctive, il retourna devant la grille. Son esprit s'égarait progressivement dans une douce rêverie. Il imaginait Catherine lui ouvrir la grille et partir avec lui à la tombée de la nuit. Ils parcourraient les chemins main dans la main, rejoindraient une rivière. Joe gambaderait auprès de Katia avant de sauter dans l'eau. Ils parviendraient à un port, choisiraient un bateau. Katia gouvernerait l'embarcation tandis que Joe nagerait à ses cotés...

Publié dans Cochon dingue

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Dodue 18/02/2008 15:18

j'aime beaucoup

chat d'oc 17/02/2008 21:17

oh, on peut faire des épisodes !

Le cochon dingue 17/02/2008 14:13

C'est sympa et original l'histoire de l'asile.Dommage qu'il n'y ait pas de fin à la Prison Break, en 3 saisons, avec plein de personnages déjantés et la belle infirmière accro à l'héro.