L'histoire vraie du voyage de Cochon (1)

Publié le par Le cochon dingue

Parler d'accidents aériens avant de prendre un avion n'était pas forcément une bonne idée, mais nous avions 3 heures à tuer avant le décollage et Gazmouth était d'humeur à me faire flipper.
Il m'a donc détaillé les millions de probabilités de mourir dans un crash et d'accéder par là même à une célébrité posthume et éphémère ("dans les débris du Boeing 747, notre cameraman a retrouvé et filmé le tibia de Cochon").

Les collisions, les défauts de structure, les attentats, les incendies, les erreurs de navigation, les oiseaux happés dans les réacteurs : Gazmouth ne m'a rien épargné.
Il était 5 heures du matin, dans la petite cafétéria de l'aérogare 2F. J'ai fini mon chocolat chaud et je me suis essuyée la bouche d'une main tremblante.
- Adieu Gazmouth... N'oublie pas de nourrir les chats pendant mon absence.
- Oui donc je disais que si au même moment, le pilote a une crise cardiaque et le copilote une rupture d'anévrisme et que tout l'équipage souffre d'intoxication alimentaire, en plein orage, avec une panne d'un des réacteurs et une absence de pressurisation qui entraîne l'asphyxie des passagers alors qu'un terroriste menace les hôtesses avec une bombe artisanale, tu auras relativement peu de chances de t'en sortir...
- Merci pour tes encouragements...
- Bon voyage Cochon !

Je me suis mise dans la file pour passer les contrôles de sécurité. A quelques mètres devant moi, les agents fouillaient les passagers avant l'embarquement. J'avais beau être très en avance, finalement à force d'attendre, je ne l'étais plus du tout.

"Dernier appel pour les passagers du vol Middle East en direction de Beyrouth".

C'est pas vrai, je vais louper mon avion avec leurs conneries de contrôles anti-terroristes ! C'est pas parce qu'on va au Liban, qu'on a forcément une Kalachnikov planquée dans le cul...

Le vieux devant moi lisait "Le Guide de la masturbation pour les octogénaires". Quand son tour est venu, il a mis une heure à retirer ses chaussures, sa ceinture, ses lunettes métalliques, sa montre, sa chaîne en or, ses bagues, ses...
- Pitié, dépêchez-vous ! J'ai un avion à prendre, moi !
- Je ne peux pas aller plus vite, mon arthrite me fait un mal de chien.
- Quand on a de l'arthrite, on reste chez soi !
Un agent de sécurité lui a demandé de jeter sa bouteille d'Orangina.
- Mais monsieur, je viens de l'acheter !
- Les liquides sont interdits.
- Je ne vais pas la jeter, elle m'a coûtée de l'argent.
- Vous pouvez la boire alors.
- Je n'ai pas très soif maintenant.
- Vous la buvez ou vous la jetez.
- Je n'arrive pas à dévisser le bouchon, mes doigts sont trop faibles...

- PUTAIN, MAIS TU VAS LA BOIRE ET TE MAGNER LE CUL !!!

- Mademoiselle, calmez-vous ! Vous n'avez pas le droit de franchir la ligne jaune, m'a dit l'agent en brandissant son taser.
- Mon avion va partir, c'est vous qui allez me rembourser ma place, espèce de flicaillon de mes deux.
- Fouille corporelle pour la dame qui s'excite ! Giselle, tu t'en occupes ?
- VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT !!! C'est de l'abus de pouvoir ! Je me plaindrai à la presse, vous allez le payer !

Alors qu'une femme en uniforme, un sourire sadique et pervers aux lèvres, m'entraînait de force dans une pièce à l'écart, je voyais mes espoirs de ne pas rater mon avion s'envoler brutalement.



Publié dans Cochon dingue

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sarah 08/03/2009 16:51

HAHAHAHAHAHAHA!!! (rire sardonique)...

Cochon 08/03/2009 09:49

Hum, je sens qu'il y a de la rébellion dans l'air. Je vais me dépêcher de changer le mot de passe parce qu'il se pourrait que je sois bientôt chassée de mon propre blog...Amies indignes... Moi qui vous aie donné une chance d'accéder à la célébrité en prenant ma place une semaine ! Et c'est comme ça que vous me remerciez !

sarah 07/03/2009 21:24

oui, oui... je suis d'accord avec toi Marie-Georges, tout ceci n'est qu'un tissu de divagations visant à discréditer notre très scrupuleuse enquête.Tout ça, parce que prise en remoque par une frégate serbe, elle a pu rejoindre Marseille où un nabab séduit par son charme dévastateur l'a conduite à Paris à bord de son Jet privé... Pfff... voilà, retour au bercail en 48 heures chrono et aux frais de la princesse, mais c'est un peu simple, vraiment. Poil aux dents.Mieux vaut raconter des histoires de vieux, poil aux yeux...Et artrite ça rime avec frite.

marie-georges profonde 07/03/2009 08:51

C'est un récit habilement maquillé. Tu crois qu'on va les avaler, tes couleuvres ? Tu es faite comme un rat :- Première invraissemblance : tu aurais répondu à l'octogénaire "quand on a de l'arthrite, on reste chez soi !". Qui va croire cela ? Toi, TOI qui ne peux t'empêcher de finir tes phrases en rimant ! Tes lecteurs auront rectifié. OUI, mes indics ont rapporté tes véritables propos : "quand on a de l'arthrite, poil à la (etc.)". Quelle honte, je comprends que tu nous caches des choses !- Deuxième invraissemblance : "je voyais mes espoirs de ne pas rater l'avion s'envoler brutalement", mais bien sûr... Tout le monde sait que ce sont les avions qui s'envolent dans les aéroports, pas les espoirs. Quelqu'un ici a-t-il entendu parler de "Air espoir" ?! Arrête de te jouer de nous !

Cochon 06/03/2009 16:10

Alix : je n'ai pas ton assurance malheureusement, mais je tenterai ça la prochaine fois.Sarah : Non, c'est bien la vérité. Mais j'avoue avoir changé certains détails. Par exemple le vieux ne buvait pas de l'Orangina mais du Coca (et je n'avais pas envie de faire de la pub pour Coca...) ;-)