Le mauvais oeil (bionique)

Publié le par Le cochon dingue

L'histoire se déroule en l'an 3066, dans une galaxie très très lointaine (ne voyez donc aucune corrélation avec ma propre vie).
Cochonator, une graphiste freelance très douée et magnifiquement belle de surcroît, travaillait depuis quelques années dans des agences de publicité de l'univers XP6. Elle, qui avait l'habitude de voyager de constellation en constellation à la recherche de contrats juteux, a eu envie pour la première fois de poser ses bagages et d'accepter le CDI que le PDG du cartel "Vacances de rêve pour les humano-droïdes" lui proposait.

Le boulot était intéressant (retoucher les photos de vulcaines richissimes en maillot de bain), la paye convenable (85000 klidors par mois) et les collègues assez drôles (ils faisaient des courses de fauteuils à propulseurs hyperluminiques dans les couloirs de l'agence). Seul hic : une petite chefaillonne haineuse, qui avait fait la Grande Guerre des Colonies mutantes et qui y avait laissé ses jambes, ses bras, son oeil gauche et la moitié de son cerveau.
Il ne restait plus d'elle qu'un tronc et beaucoup de rancoeur.

Jadis Tronc-à-oeil-bionique jouait au poker, elle aimait toucher les fesses des petits stagiaires et adorait aussi se mettre les doigts dans le nez : c'est donc avec beaucoup de douleur qu'elle a perdu l'usage de ses mains. Comme son cerveau avait été en grande partie sucé par un guerrier arachnos, elle n'arrivait plus à aligner les mots de manière intelligible. Elle se plaignait de la perte de ses membres en poussant des râles abominables, racontait des blagues entrecoupées de petits rires acides et promenait son oeil bionique et obscène sur les muscles saillants de ses jeunes assistants. En résumé, Tronc-à-oeil-bionique était absolument répugnante.
Mais elle était avant tout la fille du patron.

Cochonator n'avait jamais ri à ses blagues. Vraiment dommage... Une freelance se doit de rire aux blagues de ses supérieurs, même quand elle ne les comprend pas, même quand elles sont grossières et absolument nulles.
Tronc-à-oeil-bionique, malgré son handicap mental, avait noté dans le petit coin de cerveau qui lui restait, que Cochonator n'était pas bon public.
- Ca ne fait vous pas rire blagues ?
- Pardon ?
- Je blague dire sur droïde blonde.
- Ha... Oui... Et quelle était la chute ? je n'ai pas très bien compris l'enchaînement des mots...

A la suite de cet épidode malheureux, Cochonator a été renvoyée. Un peu désoeuvrée, elle a erré un temps dans différentes galaxies à la recherche d'un nouveau boulot, mais avec la crise économique de l'Empire Bancaire Interstellaire, les offres se faisaient rares.
Plusieurs fois, un chasseur de prime lui a proposé des missions, mais bizarrement au dernier moment elles étaient annulées à cause d'évènements extérieurs.
- Quelle poisse ! Tu dois vraiment avoir le mauvais oeil !
- Le mauvais oeil... Avait répondu Cochonator songeuse. le mauvais oeil bionique, oui !



Publié dans Cochon en agence

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Mlle ciguë 26/04/2009 18:41

et si tu lui coupais la tête ? Plus d'oeil bionique, plus de problème...

Versions Célestes 10/04/2009 14:17

Bonjour,Merci pour ce récit qui décrit clairement les relations dans le monde du travail...Cordialement.

Dorham 07/04/2009 11:48

Ah oui, c'est vraiment des salopes ces androïdes bioniques !On peut pas leur faire confiance.