Brûlons un cierge à St Machin_ Part I

Publié le par Le cochon dingue

Quand on visitait une église en famille, mon père s'asseyait toujours quelques minutes pour prier. Il ne fallait évidemment pas le déranger en lui demandant : "dis papa, qu'est-ce-que tu fais ? Tu penses à quoi ? chui fatiguéeeee..." Alors, on se promenait dans les allées en s'amusant à se cacher derrière les bancs. Un jour, mon attention s'est fixée sur une grande boîte remplie de bougies, sur une pancarte au dessus, il y avait marqué "1 cierge = 10 francs".
Je n'avais jamais eu de bougie à moi : 2 goldoraks, 15 barbies, des playmobiles, des poupées, mais pas de bougies. Et celles-là étaient vraiment belles, beaucoup plus grandes que sur les gateaux d'anniversaires. J'aurais aimé en prendre une et la déposer à l'abri, ne jamais l'allumer, juste la regarder de temps en temps. Mais je ne voulais pas la voler, surtout pas dans la maison de Dieu, je m'imaginais déjà être vouée à une damnation éternelle  pour un tel acte.

Avec mon frère, on s'est précipité vers maman et comme si on lui demandait de nous acheter des bonbons, on l'a suppliée de nous offrir un cierge. Elle a sorti 10 francs de son porte-monnaie et  victorieux, nous avons couru vers la boîte aux merveilles, nous avons choisi minutieusement l'Elue, la bougie la plus grande, la plus lisse, la plus droite. Deux vieilles femmes nous regardaient d'un air condescendant. Alors que je tenais le cierge avec précaution, l'une d'elles me l'a retiré et avec un sourire pieux m'a dit : "Mes enfants, faites un voeu maintenant". Elle l'a embroché sur un pic, ha ! horreur ! Puis l'a allumé d'une main tremblante. " Mes enfants, priez maintenant." "Demandez et Dieu vous entendra". Je regardais ma bougie se consumer lentement, se fondre en goutelettes et mourir en un tas blanchâtre, avec un profond sentiment d'injustice. Et dans mes prières, j'ai demandé à Dieu " s'il te plaît Seigneur, offre-moi une autre bougie". Les deux dames jubilaient : "Si jeunes et déjà la Foi !"
Elles nous saluèrent et ajoutant : "Soyez purs, dans l'Amour du Christ et vous serez sauvés".
J'en reste toujours dubitative...

Publié dans l'Histoire de Cochon

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Fabien 03/07/2006 14:23

Pfff... Comment tu m'as plombé le moral... Ton histoire est franchement horrible !