Il riait tout le temps, c'était chiant...

Publié le par Le cochon dingue

Au bout de 10 jours dans leur bureau, ils n'avaient pas pensé à m'inviter une seule fois à déjeuner avec eux. Ils devaient être trop pris par la question rituelle qui occupait toutes leurs matinées de travail : "chinois ou macdo ?". Mais ce n'était pas grave, je connaissais les dures lois du graphiste freelance : "Tu mangeras seul en arpentant les centres commerciaux, tu connaîtras les rayons de la fnac par coeur et tu n'auras pas d'amis".

Pourtant cette fois-ci, alors que tous les autres étaient déjà partis, il s'est pointé devant moi. "Salut, moi c'est Mickaël, Mickey pour les intimes, comme Mickey Rourke, pas comme Mickey Mouse, hahaha !". C'était pas super drôle, mais j'ai ri avec lui, trop contente que quelqu'un m'adresse la parole. "Je connais un japonais très sympa, ça te dit ?". Il était charmant, bronzé, musclé,  ça faisait un peu Collection Harlequin avec le beau mec qui se pointe pour t'enlever à ton quotidien de misère. On a déjeuné ensemble et j'ai passé un moment très agréable, où j'ai appris entre autres qu'il venait de Toulouse, qu'il était graphiste, qu'il faisait de la plongée, qu'il avait un chien, qu'il me trouvait très jolie, qu'il n'aimait pas le toffu.


Les jours suivants, il attendait que ses collègues soient partis et me proposait de manger quelque part. Mickey était toujours content, une bonne humeur déroutante à la longue, il n'était jamais fatigué, jamais contrarié, il souriait tout le temps, un robot quoi ! Petit à petit, on avait épuisé les sujets de conversations habituels et les silences s'étiraient de plus en plus. Mais ça ne dérangeait pas Mickey, il continuait à me sourire.

- T'es toujours content, toi !
- Oui, à quoi sert d'être malheureux ?
- Ben, ça ne sert à rien, sauf que parfois tu ne peux pas faire autrement, que tu le veuilles ou non.
- Je ne sais pas, moi je n'ai jamais ressenti de tristesse.
- Ce n'est pas possible. Tu t'es bien fait largué ? Tu as bien été amoureux au moins une fois dans ta vie ? Il y a eu des décès dans ton entourage, non ? Ou je ne sais pas moi, les guerres, les génocides... Tu regardes les infos de temps en temps ?
- non, je ne m'interesse pas à la politique
- Mais ce n'est pas de la politique, c'est le monde dans lequel tu vis !

Bon, point positif, il me changeait de mes copains dépressifs. Point négatif, un mec comme ça, ça ne pouvait pas exister, c'était trop flippant. C'était forcément un alien, un clône dépourvu de sentiment ou un lobotomisé par une secte quelconque. Il continuait à me sourire, avec ses dents tellement blanches qu'elles devaient briller dans le noir. Je l'ai questionné jusqu'à la fin du repas en essayant de briser la carapace. Le pire c'est qu'il avait l'air sincère.

- Pourquoi tu as l'air contrariée ?
- Oh, pour rien, ou pour tout : le racisme, le sida, la grosse spaghetti gluante qui vient de tacher ma jupe, la famine, les OGM, le voisin qui rote toute la nuit et m'empêche de dormir, les politiciens verreux, les dictatures, le fait que tous ces exemples déprimants n'aient aucune incidence sur ton moral.

Pauvre Mickey... Remarque, c'est lui qui a raison de ne pas s'en faire. En fait, il porte bien son nom, celui d'un simplet qui vit dans un monde imaginaire peuplé de gentilles frimousses et de séries américaines.

Mon contrat est maintenant terminé, mais Mickey continue à m'écrire. "Comment vont tes chats ? Est-ce qu'ils supportent bien la chaleur ? Ca te dirait un ciné, Superman le Retour, par exemple ?"
"Désolée, je suis surchargée, je n'ai pas le temps en ce moment". Mais il insiste, ce primate bodybuildé qui ne comprend rien à la psychologie féminine. "Salut, alors les minous, c'est la pêche ? Je fais une soirée chez moi, j'aimerais que tu sois là".
" Je n'ai plus de nouvelles, j'espère que tu vas bien, et que tes chats vont bien aussi. Ci-joint ma photo."
Sur la photo, il est torse nu en train de sourire (encore) sous un palmier...
Allez, à part ça, c'est un beau mec, je le reconnais. Sympa pour une nuit, voire une semaine (mais nonnn, je ne suis pas comme ça...).
Ah, comme je redoute mon prochain contrat dans cette agence. Finalement, arpenter les rayons de la Fnac pendant la pause déjeuner, ça avait du bon !

Publié dans Cochon en agence

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Mickey 07/08/2006 14:54

Que nenni, petit porcinet, je suis bien Mickey, le seul, l'unique !  """"""""   O    O      J   ____   HHH  -----> sourire Fresh Fresh Exciting   HHH            uSache, pour ta gouverne, que c'est toi qui commet 2 erreurs :1/ Je ne savais même pas que c'était les Monthy Python, je ne sais même pas qui c'est les Monthy Pyton !!!2/ Depuis notre dernière rencontre, j'ai appris l'anglais en mémorisant par coeur toutes les paroles de Kool & the Gang !Et toc !Non mais...

Le cochon dingue 07/08/2006 16:16

Petit porcinet... Ca me rappelle vaguement quelque chose. Le gentil Winnie l'ourson et son ami l'âne, non ?
Décidément, Mickey, il va falloir changer de références culturelles. (certes, moi aussi je connais winnie l'ourson, mais je n'ai jamais regardé, promis. J'étais déjà trop vieille... )
Bref, Mickey, on est lundi et je vois que tu t'amuses à écrire des commentaires sur mon blog au lieu de travailler. Bon, ne prends pas exemple sur moi, je n'ai rien foutu depuis le début de la journée,mais j'attends désespérement que quelqu'un vienne me briefer. J'en ai profité pour lire Le Monde, écrire mes mails, vérifier mon compte, jouer au sudoku, faire le test "Etes-vous une femme fatale" (la réponse est évidemment oui), me cultiver, quoi.

Mickey 04/08/2006 23:15

Très cher Cochon Dingue, Voici le secret de ce sourire qui fait mon succès auprès de la gente féminine : il s'agit d'un dentier !!! La faute en est à mon propre frère. Mes parents lui avaient offert une toute nouvelle batte de base-ball pour ses 15 ans mais, malheureux oubli, ils n'avaient pas fourni la balle qui lui aurait permis d'étrenner son nouveau jouet. Quoi de plus naturel dès lors de faire ses preuves sur la chose la plus ronde à porter de main, enfin de batte : la tête de son petit frère (talent de batteur non démenti par la suite puisqu'il l'a conduit tout droit en prison lors d'une rixe avec une personne de couleur quelques années plus tard). Mais finalement, porcidé moqueur, je pense que j'y ai gagné ! Dorénavant mes dents se nettoient dans un verre et elles brillent en soirée ! Effet FRESH FRESH EXCITIIIING garanti !

Le cochon dingue 05/08/2006 12:07

Cher Mickey,
Je sais que tu es un imposteur, tu n'es pas le vrai Mickey et d'ailleurs je vais le prouver. La plus grande détective de tous les temps, j'ai nommé cochondingue, va éclaircir ce mystère (influence de la série Hercule Poirot à la télé. Maintenant je passe mon temps à vouloir résoudre des enquêtes, genre : "où j'ai bien pu mettre l'agraffeuse" ou "qui a mangé la dernière danette au chocolat"), mais revenons à la scène du crime. Mickey, tu as fait 2 erreurs ! La première : jamais le vrai Mickey ne regarderait les Monthy Python. A la rigueur Les Nuls ou Bigard mais pas les Monthy Python.
La deuxième :  Mickey ne parle pas anglais ! tu es eu,  Mickey !
Bref, tout ça pour te dire que je n'aime pas du tout quand tu m'appelles "porcidé moqueur", on n'a pas élevé les cochons ensemble, haha, humour ! (Tu comprends le jeu de mot ou je dois t'expliquer ?)
Allez, sans rancune et à bientôt

Le cochon dingue 04/08/2006 11:13

Je n'avais pas pensé à "l'Etranger", mais c'est tout à fait ça !Désolée Mickey pour ta mère, ta copine, ton boulot, mon post... mais tu as la positive attitude et je suis sûre que tu t'en sortiras. D'ailleurs, au fait, tu te shootes à quoi ? Héroïne, cocaïne, ecsta ? Dis-moi, franchement, ça m'interesse.Et dernière question : c'est quoi ta marque de dentifrice ?

2 2 04/08/2006 10:21

Au fait, Mickey !Tu sais que le dernier type qui s'est fait larguer par sa meuf après avoir dit "hier maman est morte" sans sourciller s'est retrouvé condamné à mort pour avoir poignardé un oranais ?Un conseil : fuis les couteaux comme la peste (référence humoristique).

2 2 04/08/2006 10:19

Je confirme, Look at the Bright side of life est la chanson que chante Brian dans la Vie de Brian quand il est crucifié avec les eux autres larrons.D'ailleurs la chanson se finit En "look the bright side of death/life's a piece of shit/when you look at it".Je ne peux donc qu'abonder dans le sens de Brian, pardon, Mickey, à qui je n'ai pas plus de poste à fournir, bien que bossant dans l'informatique multimédia (chez nous, on a que des geeks qui font de la tarte à la danette et la lessive dans des essoreuses à salade, et on carbure au lexomyl).